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Live Report Eiffel à Annecy
Laura Maschio

 


Eiffel – Arcadium d’Annecy


 


26 Octobre 2012


 


 


Il pleut des cordes à Annecy ce soir-là, un soir à se réchauffer entre amis autour d’amplis fumant. Ca tombe bien, The Hyènes, Café Bertrand -qui enregistre son DVD live- et Eiffel sont à l’affiche de l’Arcadium. Une date entre amis, une date très Rock hexagonal, une date qui marque aussi le quasi-début de la tournée ‘Foule Monstre’. Quand on sait la direction prise par l’album, les influences davantage électro, les machines habilement programmées de-ci de-là, on ne peut que se poser un certain nombre de questions sur la tournure prise par les concerts…



Le suspense ne dure guère qu’un instant puisque le concert débute directement sur ‘Place de mon cœur’ puis ‘Libre’. Pour ceux qui manifestaient encore quelques doutes quant au changement de cap opéré, aucun ne subsiste, Eiffel est toujours Eiffel. Le son est plus propre, davantage de parties sont programmées mais la puissance live et la cohésion du groupe sont toujours là. Les mêmes en mieux ! L’album de la maturité, ce genre de clichés, ce n’est pas pour eux, l’album de la maturité c’est toujours le prochain. N’empêche qu’on sent une réelle évolution, dans la continuité de celle opérée par ‘À tout moment’, toujours aussi écrit, toujours aussi fougueux mais un poil moins cavalier peut-être.


Déjà le troisième morceau et même les fans de la première heure hésitent à reconnaître les premières notes… Mais c’est bien ‘Il pleut des cordes’, chanson de circonstance, qui finit d’embarquer le public. Car public il y a bien ce soir là. Pas une simple audience venue s’abriter à la vue de la lumière mais bel et bien des aficionados, d’Eiffel, de Caf B, des Hyènes ou des trois à la fois. Des amateurs de Rock qui, une fois n’est pas coutume, viennent prouver que les haut-savoyards n’ont pas le cœur si froid qu’il n’y parait bien souvent lorsqu’on écume les scènes locales.


Trois premières, sans flash, comme le veut la tradition, mais les lumières annéciennes s’en donnent à cœur joie sur l’ensemble du concert, venant humaniser ce flot d’électricité. Du jaune, du rouge, puis une ambiance tamisée, intimiste, et c’est ‘Dispersés’ et son désormais traditionnel abat-jour balancé au dessus de la scène par Romain tout au long du morceau. Des marques qui se reprennent donc, à l’instar de ces premières mesures du ‘I wanna be your dog’ des Stooges qui ouvrent ‘Sombre’, mais aussi de belles surprises. La plus belle étant certainement ‘Milliardaire’ qui prend toute sa dimension en live et vient prendre aux tripes là où on ne l’attendait pas forcément à l’écoute de l’album.



Au final, la moitié du dernier album est jouée, de quoi découvrir les nouveaux titres sur scène sans pour autant passer à côté de titres plus anciens, quoique l’écrasante majorité date tout au plus d’‘À tout moment’ (dix titres sur les quatorze proposés). On regrettera toutefois de ne pas tâter ‘Foule Monstre’, ‘Chamade’ et surtout ‘Chanson trouée’ en live, dont la progression studio promet quelques cavalcades ensorceleuses sur scène. Une prochaine fois à n’en pas douter !


‘Chaos of myself’, sa batterie électronique et ses chœurs entêtants viennent boucler tout ça. Court, bien trop court, les ahuris ont besoin de terminer avec la folie douce de Romain, avec ses hurlements maitrisés par l’énergie du désespoir. C’est sans grande surprise mais toujours avec la même délectation que ‘Hype’ aura cet honneur. Un seul titre, puissant, émouvant, bouleversant. La piqûre rappel a été faite et on en redemande. C’est le tout Annecy qui jouit encore. Inferno telegraph to the hype !


Live Report et Photos réalisés par Laura Maschio


 


   




 


 


 


 


 


 

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