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eiffel
Photo : Agnès Lesage

Le 18/08/03

Il y’a des jours où le malheur des gens que l’on aime nous devient insupportable. S’il s’agissait de passion, il ne peut s’agir, maintenant, que de compassion, (« souffrir avec... ») et de rien d’autre.
C’est mon cas. Ce qui est arrivé à Marie et Bertrand me fait horriblement souffrir. J’y pense continuellement et je sais que, aussi abstrait que cela puisse paraître, cela touche à ma vie.
Mes pensées vont aux proches de Marie et Bertrand.

Enormément de personnes sont touchées par ce drame, et dans la multitude, il y a danger. Danger de se choisir « une vérité ». Odieuse et facile. En oubliant que l’on ne sait rien. En goûtant à la confiture de certains médias, dont nous ne sommes pourtant pas les cochons.(Entre un fait et la manière dont il est médiatisé, il semble, qu’une sorte de sensationnalisme vomitif soit toujours autant porté aux nues).

Effectivement, des tragédies comme celle ci arrivent chaque jours sans que l’on esquisse un battement de cil. Nous sommes sûrement trop faibles pour subir le poids des mondes et souffrir de tout leurs malheurs.
Ici ,il s’agit de deux êtres aimés, animant l’inconscient collectif.
Je pense a Marie.
Je pense inévitablement à celui qui reste: Bertrand.
Toutes les questions que suscite sa personne, maintenant que cette choses si triste à eu lieu, me font très mal. Je ne saisis pas. On ne parle pas du même être.
Bien sur, dans ce genre de tourmente, on peut s’attendre au cynisme des médias, à la haine de ceux avec qui certains idéaux ne sont pas partagés, ou tout simplement, à la saloperie des « ennemis de proximité ». On alimente la machine à ragots, le cœur de la rumeur, et entre autre, la pompe à fric. On évince, en passant, un être « indésirable », tant il incarne(avec d’autres) la vivacité, l’intelligence d’une certaine idée de « l’opposition » dans tout ce qu’elle peut avoir de noble.

On ne peut parler au nom d’une masse, je parle donc en mon nom.
J’estime énormément Bertrand, l’homme et l’artiste. Je pense qu’il est un des rares à fondre ces deux énergies, je ne les dissocie donc pas. L’art par la vie, la vie par l’art. Le passionné ne crée pas de limite entre son existence et la manière dont il la transcende. Je pense a l’incroyable gentillesse, disponibilité d’esprit, exaltation pour « la vie », curiosité et droiture qui caractérisent Bertrand. Pour l’heure, je me contre branle de l’idée « Noir désir », je ne parle pas en fan, mais en personne qui a côtoyé Bertrand quelques jours, quelques instants.
C’est sûrement très présomptueux de ma part, mais je ne comprend pas que l’on puisse se poser une seule seconde la question de savoir si Bertrand ressemble à ce qu’on peut dire de lui en ce moment. Tout est faux. Il s’agit d’un « drame passionnel », et pour lequel nos petits cerveaux du néolithique réclament des explications très manichéennes:...0...1....gentil...méchant....dieu
....diable....Face à cette connerie... faire silence, même si l’envie de poser des bombes et de devenir VIOLENT est là. Je crois que c’est peut-être ça la compassion, fermer un maximum sa gueule et y penser....y penser très fort comme si nous pouvions traverser les parois d’une prison afin de soutenir un ami auquel on croit, et j’y crois.
Je crois en Bertrand, je crois en ce qu’il a pu dire , « jalousie, lutte violente entre elle et lui, chute, accident » et sûrement d’autres choses qui ne sont pas encore dites. Je retiens « entre elle et lui ». C’est une histoire d’amour passionnée avec tout les paroxysmes que cela peut engendrer.
Je suis persuadé qu’en doutant de Bertrand, on doute de Marie, qu’en l’insultant, on l’insulte ,elle. Que l’on s’en prend à leur dignité. Que Marie Trintignant serait la première à « défendre » Bertrand contre lui même.
Pour moi, pas de 0, de 1, de gentil et de méchant, d’ange ou de diable.
Un mal que l’on se fait à soi même (et là, il s’agit sûrement du pire), ne peut pas supporter les regards en biais des gens qui t’ont appréciés et qui peuvent peut-être t’aider.
L’envie de vivre n’est plus là.............ça ne vous donne pas envie de chialer, vous? Alors (............), qu’il n’y ai pas, de surcroît, à affronter la haine des autres.

Bertrand nous a refourgué, de près ou de loin, beaucoup de son énergie.
Peut-être qu’à notre tour, et je ne sais comment, nous aurions à lui renvoyer la pareille?

Excusez-moi pour ce petit abandon, mais je suis très triste et certaines choses que j’ai pu lire dans les journaux, voir à la télé, entendre dans un bar ici et là, me débecquettent.
Vous faites comme vous voulez, mais il y a aussi des trucs que j’ai pu lire sur ce site. C’est le site du groupe dont je fais partie et je n’adhère aucunement à certains propos.
En ce qui concerne les débiles mentaux qui renvois leurs disques de Noir Désir, je pense que c’est un bien, toujours quelques miasmes cancéreux en moins. Malheureusement, d’autres se mettent à les acheter (suite à l’actualité), ça fait des charognards en plus. Un malheur n’arrive jamais seul, mais nous n’étions pas dupes.

Je suis sûr que vous êtes tous touchés et que ceci incite à ne plus savoir que penser, alors ,encore une fois, essayons de « ressentir ».

Bertrand , « je peux encore garder ton nom, je peux aussi dire que je l’aime ».

ROMAIN

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